S.I.Lex

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Un blog merveilleux et intelligent sur les licences libres, le domaine public, le droit et la philosophie de la création et de la connaissance.

De l’électroacoustique concréte au surréalisme.

The Tokyo’s Underground Theory about Silkworms

Composer est une activité assez particulière parce que l’on essaye de manipuler des sons comme s’ils étaient des objets stables et préhensiles. Mais un son est un processus vibratoire inscrit dans le temps, et l’on ne peut le penser que dans le temps. Nous avons donc un conflit entre deux conceptions. L’électroacoustique semble nous donner un bon équilibre : l’on peut réécouter à loisir les sons, et les voir sur notre écran, ce qui nous donne le sentiment que nous sculptons directement les sons, tout en gardant le contact avec leur nature volatile et éphémére.  L’électroacoustique, c’est un peu une dictature électronique du son qui résiste à vos désirs, impose sa courbe, sa puissance, et son caractère, mais qui dans le même temps, s’offre directement à vous à chaque fois inchangé et vibrant. C’est peut-être là le secret de cette manière de créer de la musique : un mélange tantôt difficile, tantôt naturel entre organicité et souplesse du son libre des rêveries du compositeur solitaire, et rigidité et mécanicité de la technologie qui le corsète en échange de sa disponibilité.

Nouvelle composition : « L’inaltérable gigue cathartique des frondaisons urbaines » par Joâo SCHNIER

Cette œuvre a été faite avec un logiciel d’éditions musicale, ce que vous entendez est la sonorité MIDI correspondant au clavecin.
La pièce elle-même dans la lignée de mes microludes actuellement en chantier, est un mélange d’avant garde ( plus dans une lignée polytonale-bruitiste que sérielle-spectrale) et de musique pop ou néoclassique.
La forme peut être approchée de deux façons : le matériau est jouer deux fois intégralement, la seconde étant fortement modifiée ; la découpe dramaturgique est plus classiquement ternaire : une partie d’exposition du matériau, une partie sur la première moitié du développement motivique qui amène à un passage plus détendu, et enfin après un silence, une conclusion sur la seconde partie du développement tout en énergie et en débordements. Le tout est très volontiers pop-art jeu vidéo, et l’harmonie est assez frustre.
J’espère que vous apprécierez !

« Les Pensées du marcheur automnal » clarinets multitrack impro !

Un enregistreur, une clarinette, un clarinettiste, un métronome, une salle vide et quelques heures de temps libre. Voilà ce qu’il fallait, pour me pousser à expérimenter un peu avec l’idée de modalité = folklore mais pas tout à fait, avec quelques incursions vers l’avant-guarde expèrimentale !

Une merveille méconnue de la musique pour clavecin du XXème siècle !!

[youtube http://youtu.be/KR2VNNP_lug%5D

Alexander Voormolen (1895-1980)

Suite de clavecin (1921)

Annelie de Man, klavecimbel

dedicated to Lucie van Dam van Isselt
Il ne faut jamais désespérer, je n’avais jamais entendu parler de ce compositeur Danois et je cliquais négligemment sur quelques vidéos lorsque j’ai entendu cette suite qui m’a littéralement envoutée !

Un matin de dimanche, aux bord du metro de tunis …

Il y a des moments de suspensions qui sont des dons du ciel.

Les Ornements I : Introduction et Généralités

INTRODUCTION

Depuis maintenant prés de quarante ans, nous avons vu naître et se développer une nouvelle approche des musiques dites « anciennes ».  La fameuse interprétation « Baroque ». Cette approche est  fondée sur le recours aux traités anciens et aux partitions d’époques pour l’interprétation de ces musiques, et surtout l’usage d’instruments aussi proches que possible de ceux utilisés par les compositeurs. C’est le fameux mouvement de la « Musique Baroque » qui a tant bouleversé notre approche des œuvres de Bach, Vivaldi, Monteverdi, Purcell, Couperin, Scarlatti, Telemann,… Parmi les nombreuses implications de ce courant, il y a la redécouverte de l’ornementation baroque, c’est à dire de cette manière si spécifique aux XVII et XVIII siècles d’ajouter à la ligne basique de la mélodie une série de fioritures expressives. Il convient d’emblée de préciser deux points : premièrement, ces « fioritures » ne sont pas un addendum superflu et esthétiquement douteux à une mélodie auto-suffisante, mais un élément crucial et intégré par la volonté du compositeur à la structure de la phrase, élément régi par des règles précises et connues de tous, compositeurs comme interprètes ; deuxièmement, la fin du baroque et du classicisme et l’avènement du Romantisme au XIX° siècle n’ont pas impliqué la disparition de l’ornementation mais une profonde mutation de sa notation, de son rôle musicale et de son fonctionnement, de sorte que les années 1890 pratiquent les ornements dans une perspective presque opposée à celle de l’époque baroque.

I. Principes de bases.
L’ornementation est la science des ornements. Les ornements sont des figures musicales, généralement des motifs mélodiques, qui permettent de développer et de rendre plus expressive une phrase musicale. L’idée de départ est le suivante : On prend une note de la mélodie (dite « note réelle »), auquel on adjoint avant ou après une plusieurs « notes étrangères », mais de façon à ce que la ligne mélodique reste reconnaissable. L’on peut répéter le procédé sur plusieurs notes réelles, avec un nombre variable de notes étrangères.

Ces notes sont étrangères par rapport à l’harmonie, c’est à dire par rapport à l’accord dont fait partie la note réelle. Et ces notes sont rythmiquement libre, du moins en partie, et laissées à l’appréciation de l’interprète. Enfin, elles ne sont pas notées normalement comme les notes réelles, mais en générale et jusqu’au XIX° siècle, on utilise des signes graphiques spécifiques et conventionnés que l’on place au-dessus ou à côté de la note réelle.

La suite dans un prochain article !