Les Ornements I : Introduction et Généralités

INTRODUCTION

Depuis maintenant prés de quarante ans, nous avons vu naître et se développer une nouvelle approche des musiques dites « anciennes ».  La fameuse interprétation « Baroque ». Cette approche est  fondée sur le recours aux traités anciens et aux partitions d’époques pour l’interprétation de ces musiques, et surtout l’usage d’instruments aussi proches que possible de ceux utilisés par les compositeurs. C’est le fameux mouvement de la « Musique Baroque » qui a tant bouleversé notre approche des œuvres de Bach, Vivaldi, Monteverdi, Purcell, Couperin, Scarlatti, Telemann,… Parmi les nombreuses implications de ce courant, il y a la redécouverte de l’ornementation baroque, c’est à dire de cette manière si spécifique aux XVII et XVIII siècles d’ajouter à la ligne basique de la mélodie une série de fioritures expressives. Il convient d’emblée de préciser deux points : premièrement, ces « fioritures » ne sont pas un addendum superflu et esthétiquement douteux à une mélodie auto-suffisante, mais un élément crucial et intégré par la volonté du compositeur à la structure de la phrase, élément régi par des règles précises et connues de tous, compositeurs comme interprètes ; deuxièmement, la fin du baroque et du classicisme et l’avènement du Romantisme au XIX° siècle n’ont pas impliqué la disparition de l’ornementation mais une profonde mutation de sa notation, de son rôle musicale et de son fonctionnement, de sorte que les années 1890 pratiquent les ornements dans une perspective presque opposée à celle de l’époque baroque.

I. Principes de bases.
L’ornementation est la science des ornements. Les ornements sont des figures musicales, généralement des motifs mélodiques, qui permettent de développer et de rendre plus expressive une phrase musicale. L’idée de départ est le suivante : On prend une note de la mélodie (dite « note réelle »), auquel on adjoint avant ou après une plusieurs « notes étrangères », mais de façon à ce que la ligne mélodique reste reconnaissable. L’on peut répéter le procédé sur plusieurs notes réelles, avec un nombre variable de notes étrangères.

Ces notes sont étrangères par rapport à l’harmonie, c’est à dire par rapport à l’accord dont fait partie la note réelle. Et ces notes sont rythmiquement libre, du moins en partie, et laissées à l’appréciation de l’interprète. Enfin, elles ne sont pas notées normalement comme les notes réelles, mais en générale et jusqu’au XIX° siècle, on utilise des signes graphiques spécifiques et conventionnés que l’on place au-dessus ou à côté de la note réelle.

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